COOKIE'S FORTUNE

De Robert Altman. 1999. États-Unis. 1h58.
Avec Glenn Close (Camille Dixon), Charles Dutton (Willis Richland), Julianne Moore (Cora Duvall), Liv Tyler (Emma Duvall), Patricia Neal (Jewel Mae « Cookie » Orcutt).
Scénario : Anne Rapp.
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Ces lignes contiennent peut-être quelques révélations sur le film et, à ce titre, il serait peut-être souhaitable d'avoir vu ce dernier avant d'avoir lu tout cela, pour que sa découverte se fasse dans les meilleures conditions.

Très réussi. Voilà comment résumer en deux mots ce désopilant Cookie's fortune, qui vogue entre comédie rigolarde et regard ironique sur des relations familiales extrêmes. Voilà longtemps que le bon vieux Robert Altman et ses grands yeux bleus n'avait pas sorti une si bonne bobine de ses caméras. Depuis le talentueux Short cuts de 1993, des films sans aucun intérêt s'étaient succédés, Prêt-à-porter en étant peut-être le summum.

Dans celui-ci, Cookie est décidément une grand-mère pas comme les autres. Même avec son grand âge, elle collectionne les revolvers, fume la pipe et reste dynamique. Elle a un camarade de jeu, le bon vieux Willis, bedonnant homme trapu, qui lui rend quotidiennement visite, et avec qui elle joue et s'amuse pour oublier son mari décédé quelques années auparavant. Et puis, un jour, elle se suicide pour rejoindre romantiquement aux cieux l'homme qu'elle aime.

Seulement, dans la famille, on ne se suicide pas comme ça, « c'est mal ». Du moins, c'est ce qu'en pense son hystérique nièce Camille, interprétée par une Glenn Close, qui joue encore un rôle de femme antipathique comme si son apparence le lui commandait. Elle tombe sur le corps de sa tante en compagnie de sa sœur (incarnée quant à elle par Julianne Moore, au jeu assez sobre finalement), en récupère les biens les plus précieux et maquille ce suicide en meurtre, afin que l'honneur de sa famille soit sauf.

A priori, cela nous donne une base plutôt peu solide pour obtenir un film intéressant. Mais c'est là qu'arrive la patte du réalisateur et des acteurs. Dans un décor champêtre, à savoir une petite ville américaine et gaie du Missouri, ce film sans véritable personnage principal installe son scénario sans temps fort, mais sans temps mort. Cette atmosphère débridée, sur un petit fond d'enquête policière dont on connaît l'issue, est la grande réussite du film. Altman dispose en plus çà et là quelques petits trésors de mise en scène, où de discrets effets comiques viennent s'ajouter à l'action.

Mais que dire enfin des acteurs ? En première ligne, le talent de Glenn Close éclabousse le film. Dans son rôle de vieille bourgeoise aux idées arriérées et rétrogrades, elle agace, amuse, énerve et parvient à s'immiscer dans son personnage avec une verve sans pareil. Sa façon de jouer son personnage rappelle quand même sacrément son rôle de Cruella dans le 101 Dalmatiens de 1996. Derrière, d'autres aux personnages moins extrêmes et moins en avant, comme Liv Tyler par exemple, s'en sortent plutôt bien également, poussés vers le haut par une mise en scène efficace. Même Chris O'Donnell, l'éternel Robin assistant de Batman, réussit à ne pas être médiocre. C'est dire !

Non, vraiment, il m'est difficile de parler davantage de ce film et d'en vanter plus longuement les mérites. Soyons clairs, il ne rentrera pas dans l'histoire du cinéma, ne créant pas une révolution dans le sacro-saint univers Septième Art, mais s'impose vraiment comme un petit film frais, rafraîchissant, sympathique et très agréable, qui nous change vraiment d'un nombre incroyable de comédies ratées et insipides.

David E.– janvier 2001.

Dernière mise à jour : le 10 septembre 2006.

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